À retenir
- Le phlegmon péri-amygdalien est un abcès près d’une amygdale, le plus souvent d’un seul côté, qui complique parfois une infection de la gorge.
- Une douleur unilatérale intense, une bouche difficile à ouvrir, une voix étouffée ou une salivation excessive sont des signes d’alerte.
- Un phlegmon suspecté nécessite un avis médical le jour même, généralement auprès d’un médecin ORL ou aux urgences.
- Le traitement associe souvent l’évacuation du pus par ponction ou drainage et des antibiotiques, avec hospitalisation dans certaines situations.
- Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène et le kétoprofène, ne sont pas recommandés en cas d’angine.
- Après plusieurs phlegmons ou des angines répétées, un ORL peut discuter une amygdalectomie, sans qu’elle soit automatique après un premier épisode.
Une angine habituelle donne souvent mal à la gorge des deux côtés et s’améliore progressivement. Le phlegmon péri-amygdalien se distingue par une douleur souvent très marquée d’un seul côté, qui peut rendre la déglutition et l’ouverture de la bouche difficiles. Si ces signes apparaissent, demandez un avis médical le jour même.
Qu’est-ce qu’un phlegmon de l’amygdale ?
Le phlegmon péri-amygdalien, aussi appelé abcès péri-amygdalien, est une collection de pus dans les tissus situés autour d’une amygdale. Il survient souvent comme complication d’une infection de la gorge, notamment d’une angine. Pour mieux comprendre le contexte, vous pouvez lire notre page sur les causes et les formes d’angine.
Il concerne généralement une seule amygdale. Le gonflement et l’inflammation des tissus voisins expliquent la douleur intense, la gêne pour avaler et parfois la difficulté à ouvrir la bouche. Un phlegmon n’est pas simplement une angine avec des points blancs : il s’agit d’une complication locale qui nécessite un examen médical.
Qui peut être concerné ?
Le phlegmon se rencontre surtout chez l’adolescent et l’adulte jeune, mais il peut survenir à d’autres âges. Le tabagisme est également associé à un risque plus élevé. Il ne suffit toutefois pas, à lui seul, à expliquer la survenue d’un abcès, et une personne non fumeuse peut aussi en développer un.
Un phlegmon peut apparaître après une angine connue, mais l’absence de diagnostic préalable d’angine ne l’exclut pas. Une infection de la gorge peut aussi s’aggraver rapidement ou avoir été prise pour un mal de gorge banal. Les symptômes d’une angine simple sont décrits dans notre article sur les signes habituels de l’angine.
Quels signes doivent alerter ?
Le signe le plus évocateur est une douleur intense, surtout d’un seul côté de la gorge. Elle peut augmenter en quelques heures ou rester très forte malgré les mesures habituelles contre la douleur. La fièvre est fréquente, mais son absence ne permet pas d’écarter le problème.
D’autres signes peuvent accompagner cette douleur. Ils ne sont pas tous présents chez chaque personne, mais leur association doit faire réagir.
| Signe | Ce que vous pouvez remarquer |
|---|---|
| Douleur unilatérale intense | Un côté de la gorge fait beaucoup plus mal, parfois avec une douleur qui irradie vers l’oreille. |
| Trismus | La bouche s’ouvre difficilement ou douloureusement. |
| Voix étouffée | La voix paraît sourde, comme si la personne parlait avec quelque chose dans la bouche. |
| Luette déviée | À l’examen, la luette peut être repoussée vers le côté opposé au gonflement. Ce signe doit être évalué par un professionnel. |
| Otalgie | Une douleur est ressentie dans l’oreille du côté atteint, même si l’oreille n’est pas forcément infectée. |
| Hypersalivation | La salive s’accumule parce qu’avaler devient trop douloureux ou difficile. |
La difficulté à avaler peut conduire à boire très peu et à se déshydrater. Si la personne ne peut plus avaler sa salive, bave ou a du mal à respirer, appelez le 15 ou le 112. Les autres signes qui justifient une consultation rapide sont également à prendre au sérieux.
Pourquoi faut-il consulter en urgence ?
Le phlegmon nécessite une évaluation médicale rapide, le jour même. Un médecin doit examiner la gorge et apprécier la respiration, la déglutition, l’état général et l’importance du gonflement. Si un phlegmon est suspecté, une évaluation ORL rapide est généralement nécessaire, à l’hôpital ou dans une structure qui peut organiser rapidement un avis spécialisé.
Cette urgence ne signifie pas que chaque phlegmon entraîne une complication grave. Elle tient au risque d’aggravation, à la douleur importante et à la possibilité que la personne ne puisse plus boire ou avaler sa salive. Dans les formes importantes, le gonflement peut aussi gêner le passage de l’air. Il ne faut donc pas attendre de voir si une angine s’améliore d’elle-même.
Le diagnostic repose principalement sur l’examen clinique. Selon les signes et les conditions d’examen, le médecin peut demander des examens complémentaires, par exemple si l’étendue de l’infection est incertaine ou si une autre complication est envisagée. Le test rapide de l’angine n’est pas un moyen de vérifier soi-même la présence d’un abcès et ne doit pas retarder la consultation.
Le phlegmon est la complication locale la plus fréquente de l’angine, parmi d’autres complications plus rares. Vous trouverez un aperçu des complications possibles d’une angine.
Comment le phlegmon est-il traité ?
Le traitement vise à évacuer le pus lorsqu’une collection est constituée, à combattre l’infection et à soulager la douleur. Le choix dépend de l’examen, de la capacité à avaler, de l’état général et des éventuels antécédents ou allergies. Il est déterminé par l’équipe médicale, pas par les symptômes seuls.
Ponction ou drainage de l’abcès
Pour évacuer le pus, le médecin ORL peut effectuer une ponction, qui consiste à aspirer le contenu de l’abcès avec un instrument adapté, ou réaliser un drainage. Le geste est pratiqué par un professionnel, dans des conditions médicales appropriées et avec une prise en charge de la douleur. Il ne faut jamais essayer de percer ou de presser soi-même une zone gonflée dans la gorge.
Selon la situation, le geste peut être réalisé aux urgences ou dans un service hospitalier. Le soulagement de la pression peut améliorer la douleur, mais un suivi reste nécessaire pour vérifier l’évolution de l’infection et la capacité à boire et à avaler.
Antibiotiques et hospitalisation éventuelle
Des antibiotiques sont généralement prescrits pour traiter l’infection. Le médicament et la voie d’administration sont choisis selon le contexte médical, les allergies, la gravité et la possibilité de prendre un traitement par la bouche. Il ne faut pas réutiliser des antibiotiques restants ou prendre ceux d’une autre personne. Les principes généraux du traitement antibiotique de l’angine sont expliqués dans notre article sur les antibiotiques contre l’angine, mais le traitement d’un phlegmon doit être décidé après examen.
Une hospitalisation peut être nécessaire si l’abcès est important, si la douleur ou le gonflement empêchent de boire, en cas de déshydratation, de difficulté respiratoire ou si une surveillance et des soins supplémentaires sont nécessaires. Certaines personnes peuvent être traitées sans hospitalisation après évaluation, à condition que le médecin estime la situation suffisamment stable et organise le suivi adapté.
Quel rôle peuvent jouer les anti-inflammatoires ?
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène et le kétoprofène, ne sont pas recommandés en cas d’angine. L’ANSM alerte sur le risque de complications infectieuses graves associé à leur utilisation dans ce contexte. Ils peuvent contribuer à aggraver certaines infections, mais cela ne signifie pas qu’ils soient à l’origine de chaque phlegmon.
En cas de mal de gorge, le paracétamol est habituellement privilégié pour la douleur et la fièvre, en respectant la dose adaptée à l’âge, au poids et à la situation de santé. Si un phlegmon est possible, ne retardez pas la consultation en essayant plusieurs médicaments. Un professionnel pourra vérifier ce qui est approprié, notamment en cas de grossesse, de maladie chronique ou de traitement en cours.
Peut-on avoir un phlegmon plusieurs fois ?
Un phlegmon peut récidiver, en particulier chez les personnes qui ont aussi des angines répétées. Un premier épisode ne signifie pas automatiquement que les amygdales devront être retirées. Après la guérison, un ORL peut revoir les antécédents, la fréquence des infections et leurs conséquences avant de proposer une décision.
En cas de récidives, une amygdalectomie, c’est-à-dire l’ablation des amygdales, peut être discutée. Elle peut aussi être envisagée lorsque les épisodes d’angine sont fréquents, documentés et suffisamment gênants. Les critères dépendent de la situation et de l’évaluation spécialisée. Pour en savoir plus, consultez notre page sur les angines à répétition et l’amygdalectomie.
L’intervention comporte notamment un risque de saignement après l’opération. La décision met donc en balance les épisodes déjà vécus, le risque de récidive et les contraintes de l’intervention. Elle se prend avec l’ORL, et non sur le seul constat d’un phlegmon isolé.
Quand consulter en urgence ?
Des signes évocateurs d’un phlegmon, notamment une douleur intense d’un seul côté avec difficulté à ouvrir la bouche, voix étouffée ou gonflement d’un seul côté de la gorge ou du cou, justifient un avis médical le jour même. Une raideur ou une douleur importante du cou, une aggravation nette, une fièvre élevée mal tolérée, des signes de déshydratation ou une éruption cutanée nécessitent également un avis médical le jour même. C’est aussi le cas en cas d’angine si vous êtes immunodéprimé ou prenez un traitement pouvant faire baisser les globules blancs.
Appelez le 15 ou le 112 sans attendre en cas de difficulté à respirer, d’impossibilité d’avaler sa salive, d’altération importante de l’état général, de confusion ou de somnolence inhabituelle. Avoir mal en avalant est un symptôme habituel de l’angine : c’est l’impossibilité d’avaler sa salive, parfois accompagnée de bave ou d’hypersalivation, qui constitue un signe d’urgence.
Si les symptômes ne s’améliorent pas après 48 à 72 heures, avec ou sans antibiotique, demandez une consultation rapide, dans les 24 heures. Chez un nourrisson de moins de 3 mois, toute fièvre à partir de 38 °C impose un avis médical sans délai. Ne tentez pas de traiter un possible abcès à domicile et ne retardez pas l’évaluation pour attendre l’effet d’un antibiotique ou d’un anti-inflammatoire.
Questions fréquentes
Le phlegmon de l’amygdale est-il contagieux ?
Le phlegmon lui-même, qui est une poche de pus autour de l’amygdale, ne se transmet pas comme tel. En revanche, l’infection de la gorge qui l’a précédé peut être contagieuse selon sa cause. En attendant l’avis médical, lavez-vous les mains, évitez de partager les verres et couverts et suivez les consignes données par le professionnel de santé.
Peut-on guérir un phlegmon avec des antibiotiques seuls ?
Quand une collection de pus est constituée, le traitement comprend souvent son évacuation par ponction ou drainage, en plus des antibiotiques. La conduite dépend de l’examen et de l’importance de l’abcès. Seul un médecin peut décider si un geste est nécessaire. Ne prenez pas d’antibiotiques restants et ne retardez pas l’évaluation en attendant une amélioration.
Faut-il aller aux urgences pour une douleur d’un seul côté ?
Une douleur unilatérale intense, surtout avec difficulté à ouvrir la bouche, voix étouffée, luette déviée ou gonflement d’un seul côté, justifie un avis médical le jour même. Si vous avez du mal à respirer, ne pouvez plus avaler votre salive, êtes très altéré, confus ou anormalement somnolent, appelez le 15 ou le 112. Ces signes ne permettent pas de poser soi-même un diagnostic, mais doivent être examinés rapidement.
Le tabac augmente-t-il le risque de phlegmon amygdalien ?
Le tabagisme est associé à un risque plus élevé de phlegmon, mais il n’en est pas la seule cause. Un abcès peut aussi survenir chez une personne qui ne fume pas. Arrêter de fumer peut être bénéfique pour la santé générale et la gorge, mais ne remplace pas une consultation si des signes de phlegmon apparaissent.
Faut-il enlever les amygdales après un premier phlegmon ?
Pas nécessairement. L’amygdalectomie n’est pas automatique après un premier épisode. Un ORL peut la discuter en cas de phlegmons récidivants, d’angines fréquentes et documentées ou d’autres indications. La décision tient compte des bénéfices attendus et des risques de l’intervention, notamment le risque de saignement après l’opération.


