Comprendre l’angine

Angine : définition, causes, symptômes et traitements

L’angine est une inflammation des amygdales, souvent accompagnée d’un mal de gorge et parfois de fièvre. Elle est le plus souvent due à un virus, mais une bactérie peut être en cause, surtout chez l’enfant. Un test rapide permet de guider le traitement et d’éviter les antibiotiques inutiles.

Une personne se tient doucement la gorge à la maison, avec une illustration simplifiée des amygdales au fond de la bouche.

À retenir

  • L’angine touche les amygdales au fond de la gorge et s’accompagne souvent d’une douleur à la déglutition.
  • Les virus provoquent la majorité des angines, tandis que le streptocoque A est la principale cause bactérienne.
  • L’aspect rouge ou blanc de la gorge ne suffit pas à savoir si l’angine est bactérienne.
  • Le test rapide d’orientation diagnostique recherche le streptocoque A et guide la décision de prescrire un antibiotique.
  • Une difficulté à respirer, l’impossibilité d’avaler sa salive ou une altération importante de l’état général impose d’appeler le 15 ou le 112.

L’angine est une affection fréquente, le plus souvent passagère. Le mot désigne ici une infection de la gorge, à ne pas confondre avec l’angine de poitrine, qui concerne le cœur et provoque une douleur thoracique. La plupart des maux de gorge ne nécessitent pas d’antibiotique : l’examen et, selon la situation, un test permettent de choisir la bonne conduite à tenir.

Qu’est-ce qu’une angine ?

Une angine est une inflammation aiguë des amygdales palatines, aussi appelée amygdalite. Ces deux petites masses de tissu se trouvent de part et d’autre, au fond de la bouche, à l’entrée de la gorge. Elles participent aux défenses immunitaires en rencontrant les microbes qui entrent par la bouche ou le nez. Vous pouvez en apprendre davantage sur le rôle des amygdales et leur anatomie.

L’inflammation s’étend souvent au pharynx, le conduit situé derrière le nez et la bouche. Les professionnels parlent alors de pharyngo-amygdalite. Elle provoque surtout une douleur en avalant, appelée odynophagie, parfois associée à de la fièvre, à des ganglions sensibles dans le cou ou à une sensation de fatigue.

Le terme « mal de gorge » est plus large que celui d’angine. Une irritation du pharynx ou du larynx, par exemple, peut faire mal sans que les amygdales soient enflammées. Les symptômes se ressemblent parfois, mais leur origine et leur prise en charge ne sont pas toujours les mêmes.

Quelles sont les causes de l’angine ?

La majorité des angines sont virales. Les virus sont en cause dans environ 60 à 75 % des angines chez l’enfant et 75 à 90 % chez l’adulte. Plusieurs virus respiratoires peuvent provoquer une angine, parfois en même temps qu’un rhume, une toux ou une infection plus générale.

Les angines bactériennes sont moins fréquentes. La principale bactérie en cause est le streptocoque bêta-hémolytique du groupe A, abrégé SGA, dont le nom scientifique est Streptococcus pyogenes. Le risque est surtout marqué entre 5 et 15 ans. Cette infection est rare avant l’âge de 3 ans, et les angines des tout-petits sont presque toujours virales.

Les angines virales comme celles à streptocoque peuvent toucher les adultes et les enfants. Les infections de la gorge suivent souvent la saison des infections respiratoires, avec davantage d’épisodes en automne et en hiver, mais une angine peut survenir toute l’année. La présence de fièvre, de points blancs ou d’une toux ne permet pas, à elle seule, d’identifier le microbe responsable.

Certaines maladies peuvent aussi donner une angine ou des signes proches. La mononucléose infectieuse, due au virus d’Epstein-Barr, touche surtout les adolescents et les jeunes adultes et peut entraîner une fatigue prolongée. La scarlatine est liée au streptocoque A et s’accompagne d’une éruption cutanée. Ces situations nécessitent une évaluation adaptée.

Les principales formes d’angine

Les médecins décrivent parfois l’angine selon l’aspect de la gorge. Ces formes décrivent ce que l’on voit, pas nécessairement la cause : une angine blanche, par exemple, n’est pas automatiquement bactérienne. Les différents types d’angine sont résumés ci-dessous.

Forme décrite Aspect possible À retenir
Angine rouge, ou érythémateuse Amygdales rouges et gonflées Elle peut être virale ou bactérienne.
Angine blanche, ou érythémato-pultacée Dépôts blanchâtres ou jaunâtres sur les amygdales Les dépôts ne prouvent pas une infection bactérienne.
Angine pseudo-membraneuse Membrane blanchâtre qui recouvre une partie de la gorge Une mononucléose peut être en cause. La diphtérie, devenue rare, doit aussi être écartée selon le contexte.
Angine vésiculeuse Petites vésicules ou ulcérations dans la gorge Elle est souvent virale, notamment dans l’herpangine.
Angine ulcéreuse Ulcération d’une amygdale, parfois avec une haleine forte Certaines formes, comme l’angine de Vincent, demandent un avis médical.

Une angine pseudo-membraneuse mérite une évaluation médicale, notamment pour rechercher une mononucléose ou, plus rarement, une diphtérie. Cette dernière est une maladie grave, rare en France, contre laquelle la vaccination protège. Une ulcération marquée ou persistante, surtout si elle ne touche qu’un côté, justifie également un examen.

Quels symptômes peuvent apparaître ?

Le signe le plus courant est une douleur dans la gorge, accentuée quand vous avalez. La gorge peut sembler sèche ou irritée, et la douleur peut parfois se propager vers les oreilles. Une fièvre, des frissons, des maux de tête ou une fatigue peuvent accompagner l’infection. Les symptômes de l’angine varient d’une personne à l’autre.

À l’examen, les amygdales peuvent être rouges, gonflées ou recouvertes de dépôts. Des ganglions situés à l’avant du cou peuvent devenir sensibles. Chez l’enfant, une angine peut aussi s’accompagner de douleurs abdominales ou de nausées. À l’inverse, il est possible d’avoir une angine sans fièvre.

Une toux, un nez qui coule, une voix enrouée ou une conjonctivite orientent souvent vers une infection virale, sans permettre de conclure avec certitude. Une angine à streptocoque peut donner une fièvre et une douleur marquées, mais ces signes ne lui sont pas réservés. L’apparence de la gorge et les symptômes seuls ne distinguent pas de façon fiable une angine virale d’une angine bactérienne.

Comment le diagnostic est-il posé ?

Le professionnel de santé commence par vous poser des questions et examiner votre gorge, votre cou et votre état général. Il tient compte de l’âge, des symptômes et de la présence éventuelle d’autres signes d’infection. Cet examen aide à repérer les situations qui nécessitent une attention particulière, mais il ne permet pas à lui seul de savoir si le streptocoque A est présent.

Le test rapide d’orientation diagnostique, appelé TDR ou TROD angine, recherche le streptocoque A. Le professionnel frotte un écouvillon sur les amygdales et le résultat est disponible en quelques minutes. Le test a une très bonne spécificité, d’au moins 95 %, et une sensibilité de l’ordre de 85 à 95 %. Découvrez comment se déroule le test rapide.

Les règles de recours au test varient selon l’âge. Chez l’enfant de 3 ans et plus, un TDR est réalisé en cas d’angine rouge ou d’angine avec dépôts. Avant 3 ans, il n’est en règle générale pas indiqué, car l’angine à streptocoque est rare et les antibiotiques ne sont habituellement pas utiles.

Chez l’adulte, le score de McIsaac peut aider à décider si un test est indiqué. Il prend en compte la fièvre supérieure à 38 °C, l’absence de toux, des ganglions sensibles à l’avant du cou, l’aspect des amygdales et l’âge. Un score inférieur à 2 ne conduit généralement ni à un TDR ni à un antibiotique ; à partir de 2, le TDR est réalisé et un antibiotique n’est envisagé que si le résultat est positif.

Un résultat négatif signifie que le streptocoque A n’a pas été détecté ; en règle générale, aucun antibiotique n’est alors nécessaire. Dans certaines situations particulières à risque, comme un antécédent de rhumatisme articulaire aigu, le professionnel peut discuter d’un prélèvement complémentaire. Un pharmacien formé peut également réaliser un TDR en officine dans le cadre prévu, pour une personne à partir de 10 ans après vérification de critères d’exclusion. Si le test est positif, il peut délivrer un antibiotique selon un protocole encadré ; dans les autres situations, il oriente ou conseille.

Quel traitement pour une angine ?

Le traitement dépend de la cause. Une angine virale guérit sans antibiotique : ces médicaments n’agissent pas contre les virus. Pour une angine à streptocoque confirmée par un test positif, l’amoxicilline est le traitement antibiotique de première intention recommandé, habituellement pendant 6 jours.

À titre de repères usuels, la dose d’amoxicilline est de 1 g deux fois par jour chez l’adulte et de 50 mg par kg et par jour, en deux prises, chez l’enfant. La prescription doit être adaptée par un professionnel à l’âge, au poids et à la situation médicale. En cas de véritable allergie à la pénicilline ou de contre-indication aux bêta-lactamines, d’autres molécules peuvent être envisagées selon le cas. L’azithromycine n’est plus recommandée pour l’angine, y compris en cas d’allergie, en raison de son impact sur les résistances bactériennes.

L’antibiotique peut accélérer modestement la disparition des symptômes, réduire la contagiosité et prévenir certaines complications. Il peut aussi entraîner des effets indésirables et contribuer à l’antibiorésistance. C’est pourquoi il doit être réservé aux situations où il est indiqué, et pris selon la prescription. Les principes du traitement de l’angine sont détaillés dans notre guide dédié.

Pour soulager la douleur ou la fièvre, le paracétamol est le médicament à privilégier en première intention. Chez l’adulte, le repère usuel est de 500 mg à 1 g par prise, en espaçant les prises d’au moins 4 heures, sans dépasser 3 g par jour sans avis médical. Chez l’enfant, le repère est de 15 mg par kg toutes les 6 heures, soit 60 mg par kg par jour. Ces doses sont à valider avec un professionnel, en particulier chez l’enfant ou en cas de maladie du foie.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène ou le kétoprofène, ne sont pas recommandés dans l’angine en raison du risque de complications infectieuses graves. Les corticoïdes ne sont pas recommandés non plus. Boire régulièrement, choisir des aliments faciles à avaler et se reposer peuvent aider pendant la période douloureuse.

L’angine est-elle contagieuse ?

Oui, les angines infectieuses peuvent se transmettre. Les microbes passent notamment par les gouttelettes émises en parlant, en toussant ou en éternuant, ainsi que par les mains qui touchent le nez ou la bouche. Pour l’angine à streptocoque, la période d’incubation est d’environ 2 à 5 jours. La contagion et les précautions utiles dépendent aussi de la cause.

En cas d’angine à streptocoque, la contagiosité diminue fortement après 24 heures d’un traitement antibiotique bien pris. Pour le retour en collectivité, il est habituellement prévu 48 heures après le début de l’antibiotique, comme pour la scarlatine, si l’état de l’enfant le permet ; les règles de l’établissement s’appliquent. Un antibiotique ne rend pas une angine virale moins contagieuse. Des gestes simples limitent la transmission : se laver les mains, tousser dans son coude, aérer les pièces et éviter de partager les verres ou les couverts pendant la phase aiguë.

La durée de contagiosité d’une infection virale varie selon le virus et la personne. Il n’existe pas de règle unique qui s’applique à toutes les angines. Si vous avez de la fièvre ou vous sentez trop malade pour vos activités habituelles, le repos et la limitation des contacts rapprochés sont utiles.

Quelle évolution et quelles complications ?

La plupart des angines s’améliorent spontanément en quelques jours et guérissent en général sans séquelle. Une angine virale évolue favorablement avec des soins de confort. Une angine à streptocoque traitée par antibiotique peut également s’améliorer rapidement, mais le médicament doit être pris selon la prescription. Pour les repères d’évolution, consultez notre page sur la durée d’une angine.

Les complications sont rares, mais certaines nécessitent une prise en charge rapide. La plus fréquente parmi les complications locales est le phlegmon péri-amygdalien, un abcès situé près d’une amygdale. Il peut entraîner une douleur importante d’un seul côté, une difficulté à ouvrir la bouche, une voix étouffée ou une gêne pour avaler. Un abcès plus profond, une infection des ganglions du cou ou, plus rarement, un syndrome de Lemierre sont aussi possibles.

Après une infection à streptocoque A, des complications dites post-streptococciques peuvent survenir. Le rhumatisme articulaire aigu et la glomérulonéphrite aiguë, qui touche les reins, sont rares en France métropolitaine. Le rhumatisme articulaire aigu reste plus fréquent dans certains territoires ultramarins. Un traitement antibiotique adapté réduit certains risques, mais toutes les douleurs de gorge ne justifient pas un antibiotique.

La mononucléose peut expliquer une angine accompagnée d’une fatigue prolongée. Elle peut aussi provoquer une augmentation du volume de la rate. En cas de mononucléose confirmée ou suspectée, un professionnel peut recommander d’éviter les sports de contact pendant plusieurs semaines. Une éruption peut apparaître si de l’amoxicilline est prise alors que l’angine est due au virus d’Epstein-Barr.

Des angines fréquentes ne signifient pas automatiquement qu’il faut retirer les amygdales. Une amygdalectomie peut être discutée avec un spécialiste lorsque les épisodes sont nombreux, documentés et gênants, en cas de phlegmons répétés ou lorsque des amygdales volumineuses gênent la respiration, notamment chez l’enfant. Les repères souvent utilisés sont au moins 7 épisodes en un an, 5 par an pendant deux ans ou 3 par an pendant trois ans. La décision tient compte de l’ensemble de la situation et des risques de l’intervention, notamment celui de saignement.

Quand consulter ?

Une douleur en avalant est un symptôme habituel de l’angine. C’est l’impossibilité d’avaler sa salive, et non la simple douleur, qui constitue un signe d’urgence. La conduite à tenir dépend de la gravité des signes :

  1. Appelez le 15 ou le 112 sans attendre en cas de difficulté à respirer, d’impossibilité d’avaler sa salive avec bave ou hypersalivation, d’altération importante de l’état général, de confusion ou de somnolence inhabituelle.
  2. Demandez un avis médical le jour même en cas de voix étouffée, de difficulté à ouvrir la bouche, de gonflement d’un seul côté de la gorge ou du cou, de raideur ou de douleur importante du cou, d’aggravation nette, de fièvre élevée mal tolérée, de signes de déshydratation ou d’éruption cutanée. C’est aussi le cas si vous êtes immunodéprimé ou prenez un traitement pouvant faire baisser les globules blancs.
  3. Consultez rapidement, dans les 24 heures, si les symptômes ne s’améliorent pas après 48 à 72 heures, avec ou sans antibiotique.
  4. Chez un nourrisson de moins de 3 mois, toute fièvre de 38 °C ou plus impose un avis médical sans délai.

Retrouvez les situations où il faut consulter.

Quelques idées reçues à corriger

« Des points blancs prouvent que l’angine est bactérienne. » Non. Des dépôts peuvent apparaître dans des angines virales comme bactériennes. Le test rapide, lorsqu’il est indiqué, aide à rechercher le streptocoque A.

« Toute angine se soigne avec des antibiotiques. » Non. La plupart sont virales et les antibiotiques sont alors inutiles. Ils sont prescrits lorsque le test confirme une angine à streptocoque A, ou selon une autre indication évaluée par un professionnel.

« Sans fièvre, ce n’est pas une angine. » Une angine peut survenir sans fièvre. L’absence de fièvre ne permet ni d’écarter le diagnostic ni de déterminer si la cause est virale ou bactérienne.

« Une gorge très rouge signifie forcément une infection grave. » La rougeur est un signe d’inflammation, pas une mesure de gravité. Ce sont l’état général, la capacité à respirer et à avaler, l’évolution et les signes associés qui orientent la conduite à tenir.

Ce qu’il faut retenir

L’angine est le plus souvent virale et guérit sans antibiotique. Quand le streptocoque A est suspecté, un test rapide permet de guider la décision, car l’aspect de la gorge ne suffit pas. Soulagez la douleur avec des mesures adaptées et demandez rapidement un avis en cas de difficulté à respirer ou à avaler, de douleur très asymétrique ou d’aggravation.

Questions fréquentes

Une angine blanche est-elle forcément bactérienne ?

Non. Les dépôts blancs ou jaunâtres peuvent apparaître lors d’une infection virale ou bactérienne. Leur aspect ne permet pas de conclure à une angine à streptocoque. Lorsque le test est indiqué, le TDR recherche cette bactérie et aide à décider si un antibiotique est nécessaire.

Peut-on avoir une angine sans fièvre ?

Oui. La fièvre est fréquente, mais elle n’est pas systématique. Une douleur en avalant, une gorge rouge ou des amygdales gonflées peuvent exister sans fièvre. L’absence de fièvre ne permet pas non plus de savoir si l’angine est virale ou bactérienne.

Quand faut-il prendre des antibiotiques pour une angine ?

Les antibiotiques ne traitent pas les virus et ne sont généralement indiqués que si le test confirme une angine à streptocoque A. L’amoxicilline est le traitement de première intention habituel. Le choix et la dose doivent être validés par un professionnel, notamment chez l’enfant ou en cas d’allergie.

Combien de temps une angine est-elle contagieuse ?

Cela dépend de la cause. Pour une angine à streptocoque, la contagiosité diminue fortement après 24 heures d’un antibiotique bien pris. Le retour en collectivité est habituellement prévu 48 heures après le début du traitement, si l’état de l’enfant le permet et selon les règles de l’établissement. Pour une angine virale, la durée varie selon le virus et la personne.

Quels signes d’angine nécessitent une consultation urgente ?

Appelez le 15 ou le 112 sans attendre en cas de difficulté à respirer, d’impossibilité d’avaler sa salive, d’altération importante de l’état général, de confusion ou de somnolence inhabituelle. Une voix étouffée, une difficulté à ouvrir la bouche, un gonflement d’un seul côté, une fièvre élevée mal tolérée ou une déshydratation nécessitent un avis médical le jour même. Si les symptômes ne s’améliorent pas après 48 à 72 heures, consultez dans les 24 heures.