À retenir
- La scarlatine est liée à une souche de streptocoque du groupe A qui produit une toxine responsable de l’éruption.
- Elle touche surtout les enfants, avec un pic entre 5 et 15 ans, et reste rare avant l’âge de 3 ans.
- L’angine, la fièvre, la peau rugueuse et la langue framboisée sont des signes évocateurs, mais le test confirme l’infection.
- Un antibiotique est prescrit lorsque l’infection à streptocoque est confirmée, le plus souvent de l’amoxicilline pendant 6 jours.
- La contagiosité diminue fortement après 24 heures d’antibiotique, mais le retour en collectivité est habituellement prévu après 48 heures.
- Avoir eu la scarlatine ne protège pas définitivement : une nouvelle infection reste possible.
La scarlatine est une forme particulière d’infection à streptocoque : en plus de l’atteinte de la gorge, elle provoque une éruption. Ses signes peuvent être impressionnants, mais un diagnostic rapide permet de mettre en place le traitement adapté et de limiter la transmission. Voici comment reconnaître cette maladie, comment le test est utilisé et quand reprendre les activités habituelles.
Qu’est-ce que la scarlatine ?
La scarlatine est provoquée par certaines souches de streptocoque bêta-hémolytique du groupe A, aussi appelé SGA ou Streptococcus pyogenes. Ces bactéries produisent une toxine qui entraîne l’éruption cutanée et certains changements de la langue. L’infection commence souvent par une angine, c’est-à-dire une inflammation des amygdales, parfois associée à celle du pharynx. Pour mieux comprendre cette infection, consultez notre page sur l’angine à streptocoque.
La maladie concerne surtout les enfants d’âge scolaire. Le streptocoque du groupe A est fréquent entre 5 et 15 ans et rare avant 3 ans. Les adultes peuvent toutefois contracter la scarlatine, notamment s’ils sont en contact avec une personne infectée. Une angine seule ne suffit pas à reconnaître la scarlatine : c’est l’association des symptômes de gorge et de l’éruption qui oriente le diagnostic.
Quels sont les symptômes de la scarlatine ?
La scarlatine débute généralement par une fièvre et un mal de gorge. L’angine peut rendre la déglutition douloureuse. Les amygdales sont parfois rouges ou recouvertes d’un dépôt blanchâtre. Des ganglions sensibles dans le cou, des maux de tête, des nausées ou des douleurs abdominales peuvent aussi apparaître, surtout chez l’enfant.
L’éruption survient habituellement peu après le début de la fièvre et de l’angine. Elle est faite de petits boutons rouges rapprochés, donnant à la peau un aspect diffus et une sensation rugueuse au toucher, souvent comparée à du papier de verre. Elle commence fréquemment sur le tronc ou dans les plis, puis s’étend. Elle peut être plus marquée dans les plis des coudes, des aisselles ou de l’aine. Le visage peut être rouge, avec une zone plus pâle autour de la bouche.
La langue évolue elle aussi. Elle peut d’abord être recouverte d’un dépôt blanchâtre laissant apparaître des papilles rouges, puis devenir rouge vif et granuleuse : on parle de « langue framboisée ». Ces signes ne sont pas toujours tous présents, et leur intensité varie d’une personne à l’autre.
| Moment de l’évolution | Signes possibles |
|---|---|
| Début | Fièvre, mal de gorge, douleur en avalant, parfois ganglions sensibles |
| Premiers jours | Éruption rouge et rugueuse, souvent plus vive dans les plis, langue d’abord blanchâtre puis framboisée |
| Après quelques jours | L’éruption s’atténue progressivement et la fièvre baisse avec l’évolution de l’infection |
| Une à plusieurs semaines plus tard | La peau peut peler, surtout aux doigts, aux orteils, aux paumes ou aux plantes des pieds |
La desquamation, c’est-à-dire le fait que la peau pèle, survient pendant la guérison. Elle peut être discrète ou plus visible autour des doigts et des orteils. Elle ne signifie pas à elle seule que l’infection s’aggrave ou qu’elle est encore contagieuse.
Comment confirmer le diagnostic ?
L’aspect de l’éruption et de la gorge fait suspecter une scarlatine, mais les signes ne permettent pas toujours de distinguer une infection à streptocoque d’une infection virale. Le professionnel de santé examine la gorge et peut réaliser un test rapide d’orientation diagnostique, appelé TDR ou TROD angine.
Le prélèvement se fait avec un écouvillon frotté sur les amygdales. Le résultat est obtenu en quelques minutes. Un test positif confirme la présence du streptocoque du groupe A dans la gorge et, en présence de l’éruption typique, étaye le diagnostic de scarlatine. Le TDR ne recherche pas directement la toxine. Pour en savoir plus sur le prélèvement et son résultat, consultez la page consacrée au test rapide de l’angine.
Chez l’enfant de 3 ans et plus qui présente une angine rouge ou avec des dépôts, le TDR est recommandé. Avant 3 ans, les angines à streptocoque sont rares et le test n’est généralement pas indiqué. Si le test est négatif, un antibiotique n’est pas prescrit en règle générale. Le professionnel de santé tient compte de l’examen et du contexte, en particulier si les symptômes s’aggravent ou si une situation à risque est connue.
Quel est le traitement ?
Lorsque le TDR confirme une angine à streptocoque du groupe A, un antibiotique est prescrit. Le traitement de première intention est généralement l’amoxicilline pendant 6 jours. À titre de repère, les recommandations usuelles indiquent chez l’adulte 1 g deux fois par jour et chez l’enfant 50 mg par kilo et par jour, répartis en deux prises. Le professionnel vérifie la dose adaptée, les allergies éventuelles et la situation de la personne. Le traitement doit être pris selon la prescription, même si la fièvre et le mal de gorge diminuent rapidement.
L’antibiotique agit sur la bactérie, pas sur la toxine déjà produite. Il aide à réduire la durée des symptômes, la transmission et le risque de complications. Il ne faut pas prendre d’antibiotique restant d’un ancien traitement ou destiné à quelqu’un d’autre. Les antibiotiques sont inutiles contre les virus et leur usage injustifié favorise les effets indésirables et l’antibiorésistance. Les indications et les durées sont détaillées dans notre article sur les antibiotiques contre l’angine.
Pour soulager la douleur et la fièvre, le paracétamol est le médicament de première intention, en respectant les doses adaptées à l’âge, au poids et à l’état de santé. Chez l’adulte, le repère usuel est de 500 mg à 1 g par prise, avec au moins 4 heures entre deux prises et sans dépasser 3 g par jour sans avis médical. Chez l’enfant, la dose usuelle est de 15 mg par kilo toutes les 6 heures, soit 60 mg par kilo par jour. En cas de doute, demandez conseil à un professionnel de santé. Les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène ne sont pas recommandés dans l’angine en raison du risque de complications infectieuses.
Contagion et retour en collectivité
Le streptocoque se transmet surtout par les gouttelettes projetées lorsqu’une personne infectée parle, tousse ou éternue, ainsi que par les mains contaminées. L’incubation, le temps entre la contamination et les premiers symptômes, est d’environ 2 à 5 jours. Des gestes simples réduisent la transmission : se laver régulièrement les mains, éviter de partager les verres et les couverts, et couvrir la bouche en toussant ou en éternuant. D’autres précautions sont présentées dans notre article sur l’angine contagieuse.
La contagiosité diminue fortement après 24 heures d’un traitement antibiotique bien pris. Pour la scarlatine, le retour en collectivité est habituellement possible après 48 heures de traitement, si l’état général le permet et selon les règles applicables à la structure. En cas de fièvre persistante ou de fatigue importante, mieux vaut demander conseil avant la reprise. Sans antibiotique, la période de contagiosité peut se prolonger : le professionnel de santé vous indiquera la conduite à tenir.
Quelles complications surveiller ?
La plupart des personnes guérissent sans complication avec un traitement adapté. Comme pour les autres angines à streptocoque, une infection peut toutefois entraîner un abcès près de l’amygdale, appelé phlegmon péri-amygdalien, ou plus rarement un abcès dans la région située derrière le pharynx. Une infection des ganglions du cou est également possible.
Des complications dites post-streptococciques peuvent survenir après l’infection, même si elles sont rares en France métropolitaine. Elles comprennent notamment le rhumatisme articulaire aigu et la glomérulonéphrite aiguë, une inflammation des reins. Le rhumatisme articulaire aigu reste plus fréquent dans certains territoires ultramarins. Le traitement antibiotique vise aussi à prévenir ces complications. Pour en savoir plus, consultez notre page sur les complications de l’angine.
Avoir eu la scarlatine protège-t-il définitivement ?
Non. C’est une idée reçue : un épisode de scarlatine ne donne pas une immunité définitive contre toutes les infections à streptocoque du groupe A. La protection acquise peut être liée à la toxine produite par la souche rencontrée, mais d’autres souches peuvent provoquer une nouvelle infection. Il est donc possible d’avoir la scarlatine plus d’une fois, même si cela ne signifie pas que chaque mal de gorge ou chaque éruption correspond à une récidive.
Quand consulter ?
Une consultation permet de confirmer la cause d’une angine accompagnée d’une éruption et de vérifier si un antibiotique est nécessaire. Consultez rapidement si la personne a du mal à respirer, ne peut pas avaler sa salive, bave, ouvre difficilement la bouche, a la voix étouffée ou présente un gonflement important d’un côté de la gorge ou du cou. Ces signes nécessitent une évaluation rapide.
Demandez aussi un avis médical si la fièvre est élevée et persistante, si l’état général se dégrade, si la personne boit peu ou si les symptômes s’aggravent ou ne s’améliorent pas après 48 à 72 heures. Une consultation est également indiquée en cas d’immunodépression ou de traitement susceptible de faire baisser les globules blancs. Pour les autres signes qui doivent alerter, consultez notre page quand consulter pour une angine.
Questions fréquentes
La scarlatine est-elle toujours accompagnée d’une angine ?
La scarlatine associe habituellement une infection de la gorge à une éruption provoquée par la toxine de certaines souches de streptocoque du groupe A. Le mal de gorge et la douleur en avalant sont fréquents, mais leur intensité peut varier. Une éruption seule ne suffit pas à conclure à une scarlatine : un professionnel de santé doit évaluer les signes et décider si un test est nécessaire.
La langue framboisée suffit-elle pour reconnaître la scarlatine ?
Non. Une langue rouge et granuleuse est un signe évocateur, surtout si elle s’accompagne d’une fièvre, d’une angine et d’une éruption rugueuse. Mais aucun signe isolé ne confirme la scarlatine. Le professionnel de santé examine la personne et peut réaliser un test rapide de l’angine pour rechercher le streptocoque du groupe A.
Combien de temps faut-il attendre avant le retour à l’école ?
Le retour en collectivité est habituellement possible après 48 heures de traitement antibiotique, à condition que l’état de l’enfant le permette. La contagiosité diminue fortement après 24 heures d’un antibiotique bien pris, mais le délai de 48 heures est généralement retenu pour la reprise. En cas de fièvre persistante ou de symptômes importants, demandez conseil au médecin.
Peut-on attraper la scarlatine plusieurs fois ?
Oui. Avoir eu la scarlatine ne protège pas définitivement contre une nouvelle infection. La protection peut concerner la toxine d’une souche donnée, tandis que d’autres souches de streptocoque peuvent provoquer une scarlatine. Un nouvel épisode est donc possible. Cela ne veut pas dire qu’une éruption ou un mal de gorge ultérieur correspond automatiquement à la maladie.
La desquamation signifie-t-elle que l’infection revient ?
Pas nécessairement. La peau qui pèle, notamment autour des doigts ou des orteils, peut apparaître pendant la guérison de la scarlatine. Cette desquamation peut durer un certain temps et n’indique pas à elle seule une aggravation ni une contagiosité persistante. Consultez si elle s’accompagne d’une nouvelle fièvre, d’une dégradation de l’état général ou d’autres symptômes préoccupants.



