Formes d’angine

Angine herpétique : reconnaître l’herpangine et l’herpès oral

Des vésicules ou de petits ulcères dans la bouche peuvent évoquer une « angine herpétique », mais cette expression recouvre souvent deux infections différentes. L’herpangine est due à un entérovirus, tandis que la gingivostomatite herpétique correspond à une primo-infection par le virus de l’herpès. Les distinguer aide surtout à surveiller la douleur et l’hydratation de l’enfant.

Un parent propose une boisson fraîche à un enfant, près d’une illustration de bouche montrant de petites lésions et des gencives irritées.

À retenir

  • L’herpangine est une infection due à des entérovirus, souvent des virus Coxsackie, et touche surtout les jeunes enfants en été ou en automne.
  • La gingivostomatite herpétique est une primo-infection par le virus Herpes simplex, avec des lésions souvent étendues dans la bouche et des gencives enflammées.
  • Le syndrome pieds-mains-bouche est une infection apparentée à l’herpangine, mais il s’accompagne aussi de boutons sur les mains et les pieds.
  • Le traitement repose sur le soulagement de la douleur et des apports fréquents en liquide, car un enfant qui boit peu risque de se déshydrater.
  • Les antibiotiques ne soignent ni l’herpangine ni l’herpès oral. Une consultation est nécessaire en cas de difficulté à boire, de déshydratation ou de signe d’alerte.

Une gorge douloureuse avec des petites lésions peut inquiéter, surtout chez un enfant qui refuse de manger ou de boire. Le mot « herpétique » prête à confusion : l’herpangine n’est généralement pas causée par le virus de l’herpès. Ce sont deux infections virales distinctes, qui se ressemblent parfois mais n’atteignent pas les mêmes zones de la bouche.

Herpangine ou angine herpétique : deux infections différentes

Une angine est une inflammation des amygdales, souvent associée à celle du pharynx, la partie située au fond de la gorge. Le terme « angine herpétique » est parfois employé pour parler de l’herpangine, alors que celle-ci est due à un entérovirus, souvent un virus Coxsackie. Le mot « herpangine » ne signifie donc pas que le virus de l’herpès est en cause.

La gingivostomatite herpétique, elle, est une infection par le virus Herpes simplex, le plus souvent lors du premier contact avec le virus. Elle touche les gencives et différentes parties de la bouche. Pour mieux comprendre ce que recouvre le mot angine, consultez aussi notre page sur la définition et les causes d’une angine.

Les deux infections provoquent parfois de la fièvre, une douleur en avalant et des lésions qui ressemblent à de petites cloques ou à des ulcères. Leur emplacement et l’état des gencives donnent toutefois des indices utiles. Seul un professionnel de santé peut interpréter les signes dans leur ensemble, notamment si la présentation n’est pas typique.

Quels symptômes peuvent apparaître ?

L’herpangine : des lésions surtout au fond de la gorge

L’herpangine survient principalement chez les jeunes enfants. Elle est plus fréquente en été et en automne, mais peut se voir à d’autres périodes. Après une fièvre et un mal de gorge, de petites vésicules apparaissent généralement au fond de la bouche, sur le voile du palais, les piliers des amygdales ou près de celles-ci. Elles se rompent et laissent de petits ulcères douloureux.

L’enfant peut avoir mal en avalant, manger moins et parfois se plaindre de maux de tête ou de ventre. L’intensité varie : certains enfants restent relativement en forme, tandis que d’autres sont gênés par la fièvre et la douleur. Pour comparer ces signes avec ceux d’autres infections de la gorge, vous pouvez lire notre article sur les symptômes de l’angine.

La gingivostomatite herpétique : une bouche très douloureuse

La primo-infection herpétique, c’est-à-dire le premier épisode symptomatique dû au virus de l’herpès, touche surtout les jeunes enfants, mais peut aussi survenir plus tard. Elle peut provoquer une fièvre, une haleine forte et des lésions douloureuses à plusieurs endroits de la bouche : langue, intérieur des joues, palais, lèvres et gencives. Les gencives sont souvent rouges, gonflées et sensibles, parfois avec un léger saignement au contact.

La douleur peut rendre la prise de boisson difficile. Des lésions autour des lèvres sont possibles. Le virus reste ensuite dans l’organisme et peut provoquer plus tard des boutons de fièvre, mais toutes les personnes infectées n’en développent pas.

Repère Herpangine Gingivostomatite herpétique
Cause habituelle Entérovirus, souvent Coxsackie Virus Herpes simplex, souvent lors de la primo-infection
Zones principalement touchées Fond de la gorge et voile du palais Gencives et plusieurs zones de la bouche
Indice fréquent Petites vésicules ou ulcères à l’arrière de la bouche Gencives rouges et gonflées, lésions parfois étendues
Âge et période Surtout jeune enfant, souvent en été ou en automne Surtout jeune enfant, sans saison particulière caractéristique

Ces repères orientent, mais ne remplacent pas un examen. Une infection bactérienne ou une autre maladie peut aussi provoquer un mal de gorge. Les signes seuls ne suffisent pas toujours à distinguer une angine virale d’une angine bactérienne, comme l’explique notre page sur l’angine virale ou bactérienne.

Le syndrome pieds-mains-bouche, une infection apparentée

Certains entérovirus responsables d’infections proches de l’herpangine provoquent le syndrome pieds-mains-bouche. En plus des lésions dans la bouche, de petites taches ou vésicules apparaissent alors sur les paumes des mains et les plantes des pieds, parfois aussi sur les fesses. L’éruption peut aider à reconnaître ce tableau, mais son absence ne permet pas à elle seule d’écarter une infection à entérovirus.

Comment le diagnostic est-il établi ?

Le médecin ou le professionnel de santé examine la gorge, la bouche, les gencives et, si nécessaire, la peau. L’emplacement des lésions, la fièvre, l’âge et l’état général aident à orienter le diagnostic. Un test rapide de dépistage du streptocoque ne recherche ni l’entérovirus ni le virus de l’herpès. Il peut être envisagé si une angine à streptocoque reste possible, selon l’âge et l’examen.

Une consultation est particulièrement utile si la douleur est importante, si les lésions sont étendues ou si l’enfant ne boit presque plus. Elle permet aussi de vérifier qu’il ne s’agit pas d’une autre cause et d’évaluer le risque de déshydratation. Les conseils consacrés à l’angine chez l’enfant peuvent également vous aider à repérer les situations qui nécessitent un avis médical.

Quel traitement pour soulager l’enfant ?

L’herpangine et la gingivostomatite herpétique sont des infections virales. Les antibiotiques sont donc inutiles, sauf si un professionnel diagnostique séparément une infection bactérienne qui les justifie. Un antibiotique ne raccourcit pas une infection due à un virus et peut entraîner des effets indésirables.

Le traitement vise surtout à réduire la douleur et la fièvre, et à maintenir une bonne hydratation. Le paracétamol est habituellement utilisé en première intention. À titre de repère, les doses usuelles sont de 15 mg par kilogramme toutes les 6 heures chez l’enfant, sans dépasser 60 mg par kilogramme par jour, et de 500 mg à 1 g par prise chez l’adulte, avec au moins 4 heures entre les prises et sans dépasser 3 g par jour sans avis médical. La dose dépend de l’âge, du poids et de la situation de santé : vérifiez la notice et demandez conseil à un professionnel en cas de doute.

Les anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène, ne sont pas recommandés dans l’angine en raison du risque de complications infectieuses. N’ajoutez pas de médicament ou de produit anesthésiant pour la bouche sans conseil professionnel, en particulier chez un jeune enfant. Des mesures simples peuvent rendre la déglutition plus facile :

  • proposer souvent de petites gorgées d’eau ou une boisson adaptée à l’âge ;
  • essayer des boissons fraîches ou des aliments mous et frais si l’enfant les accepte ;
  • poursuivre l’allaitement si l’enfant est allaité ;
  • proposer à boire régulièrement, sans forcer ni insister sur les aliments solides.

Lors d’une gingivostomatite herpétique, un traitement antiviral n’est pas nécessaire dans tous les cas. Un médecin peut parfois l’envisager selon la sévérité, le moment où les symptômes ont commencé et l’état de santé de l’enfant. Il ne faut pas débuter ce type de traitement sans avis médical.

Prévenir la transmission à la maison

Les entérovirus se transmettent notamment par les sécrétions respiratoires, la salive et les selles. Le virus de l’herpès se transmet surtout par contact direct avec la salive ou les lésions. Dans les deux cas, le lavage fréquent des mains est utile, en particulier après avoir mouché un enfant, changé une couche ou accompagné l’enfant aux toilettes.

Évitez de partager verres, couverts, brosses à dents et objets portés à la bouche. Nettoyez les objets souvent touchés et évitez les baisers sur les lésions en cas d’herpès. Les précautions de base sont détaillées dans notre page sur la contagion des angines. Respectez aussi les consignes de la collectivité si l’enfant fréquente une crèche ou une école, et gardez-le à la maison s’il est fiévreux ou trop fatigué pour ses activités.

Quand consulter ?

Demandez rapidement un avis médical si votre enfant boit très peu, refuse tous les liquides ou urine nettement moins que d’habitude. Une bouche sèche, l’absence de larmes, une grande somnolence ou un enfant difficile à réveiller peuvent signaler une déshydratation. Le risque augmente lorsque les lésions font mal à chaque déglutition.

Appelez les secours, au 15 ou au 112, en cas de difficulté à respirer, d’impossibilité d’avaler la salive ou de bave abondante. Une difficulté à ouvrir la bouche, une voix étouffée, un gonflement marqué d’un seul côté de la gorge ou du cou, ou une altération importante de l’état général justifient également une évaluation urgente.

Consultez si la fièvre est élevée et persiste, si l’état de l’enfant se dégrade ou si les symptômes s’aggravent ou ne s’améliorent pas après 48 à 72 heures. Un avis médical est aussi nécessaire chez une personne immunodéprimée ou si vous avez un doute sur l’origine des lésions. Retrouvez d’autres repères dans notre page quand consulter pour une angine.

Ce qu’il faut retenir

L’herpangine est une infection à entérovirus, tandis que la gingivostomatite herpétique est due au virus de l’herpès. Les lésions au fond de la gorge orientent plutôt vers l’herpangine ; des gencives très inflammées et des lésions étendues dans la bouche évoquent davantage une primo-infection herpétique. Dans les deux cas, le traitement est surtout symptomatique, sans antibiotique, et la priorité chez l’enfant est de veiller à ce qu’il boive suffisamment.

Questions fréquentes

L’herpangine est-elle causée par le virus de l’herpès ?

Non. Malgré son nom, l’herpangine est généralement due à un entérovirus, souvent un virus Coxsackie. La gingivostomatite herpétique est une autre infection, provoquée par le virus Herpes simplex, souvent lors du premier contact avec celui-ci. Les deux maladies peuvent donner des lésions douloureuses dans la bouche, mais leur emplacement et l’état des gencives diffèrent souvent.

Comment reconnaître le syndrome pieds-mains-bouche ?

Il peut associer des lésions douloureuses dans la bouche à une éruption de petites taches ou vésicules sur les paumes des mains et les plantes des pieds. Les fesses peuvent aussi être concernées. Il est dû à des entérovirus, comme l’herpangine, mais les deux tableaux ne sont pas identiques. Un professionnel peut confirmer l’orientation si les symptômes sont inhabituels ou importants.

Que faire si mon enfant refuse de boire ?

Proposez fréquemment de petites gorgées, éventuellement fraîches, et poursuivez l’allaitement si c’est son mode d’alimentation. Ne forcez pas les aliments solides. Si l’enfant refuse tous les liquides, urine beaucoup moins, a la bouche sèche, pleure sans larmes ou devient très somnolent, demandez rapidement un avis médical, car une déshydratation est possible.

Faut-il donner des antibiotiques pour une angine herpétique ?

Non, pas pour l’herpangine ni pour la gingivostomatite herpétique, qui sont des infections virales. Les antibiotiques n’agissent pas contre les virus et peuvent provoquer des effets indésirables. Ils ne sont envisagés que si un professionnel diagnostique aussi une infection bactérienne qui le justifie. Le traitement repose surtout sur le soulagement de la douleur et l’hydratation.

Combien de temps dure une herpangine ?

L’évolution dépend de l’enfant et de l’intensité des symptômes, mais l’infection s’améliore généralement en quelques jours. La douleur peut toutefois gêner les boissons pendant cette période. Consultez si la situation s’aggrave, si l’enfant boit trop peu ou si aucune amélioration n’apparaît après 48 à 72 heures. Un professionnel pourra vérifier le diagnostic et l’hydratation.